1. Tribune : L’indispensable refondation du système français de recherche

    par Laurent Audouin, Marie Blandin, Marc Lipinski, Sandrine Rousseau (EELV)

     

    Bien qu’encore peu discutée dans la campagne en cours, la refondation du système français de recherche est à l’ordre du jour tant la situation est devenue intenable. Plan campus, Investissements d’avenir : les structures nouvelles et les milliards supplémentaires de l’ère Sarkozy promettaient un nouvel âge d’or.

    La réalité est tout autre : au lieu de consacrer leur temps à leurs missions statutaires -chercher, former les plus jeunes, s’ouvrir à la société – les chercheurs et enseignants-chercheurs croulent désormais sous des avalanches d’appels à projets, doivent multiplier les réunions préparatoires, courir d’un guichet à l’autre pour décrocher les contrats qui leur rendront les moyens de travailler, et participerà toutes sortes de comités où ils évaluent leurs collègues et, faute d’argent disponible, retoquent la très grande majorité de leurs demandes de crédits.

    La suite sur le journal « le Monde » ici

     

    Laurent Audouin, maître de conférence, université Paris-Sud, délégué enseignement supérieur et recherche auprès d’Eva Joly ;

    Marie Blandin, sénatrice du Nord (EELV), présidente de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat  ;

    Marc Lipinski, directeur de recherche CNRS, conseiller régional Ile-de-France (EELV) ;

    Sandrine Rousseau, maître de Conférence, université de Lille-I, vice-présidente enseignement supérieur et recherche du Conseil régional Nord Pas-de-Calais (EELV).

  2. Lycée Van Der Meersch à Roubaix


    Marie Jeanne PHILIPPE

    Rectrice de l’ACADEMIE DE LILLE

    Cité académique Guy Debeyre

    20 rue Saint Jacques

    BP 709

    59033  LILLE CEDEX

     

    Lille, le 30 janvier 2012

     

    Madame la Rectrice,

     

    J’apprends votre intention de fermer, progressivement mais sans concertation, le lycée Maxence Van Der Meersch de Roubaix, pour en orienter les élèves et les ressources humaines vers le lycée Edmond Rostand.

     

    Vous vous en prenez à une institution qui fait sens[i] et à un établissement qui garde toute son opportunité d’implantation. Il accueille en effet des jeunes venant de Roubaix, de Lys les Lannoy et de petites et moyennes communes du canton de Lannoy.

     

    Vous allez engendrer la surcharge des lycées Edmond Rostand et probablement par effet collatéral Raymond Queneau à Villeneuve d’Ascq. Ces effets de masse sont contreproductifs pour l’enseignement. Ils brisent des dynamiques pédagogiques à l’œuvre et menacent, nous le savons par expérience, les postes.

    Ces restructurations alourdissent les flux, accumulant les impacts de fatigue des élèves, d’encombrement de la ville, de pollution.

     

    J’ai lu avec attention vos propos dans la presse quant aux réformes à l’œuvre, que vous assumez et défendez avec zèle.

    Derrière les chiffres et les prétendues économies, Madame la Rectrice, il y a les dégâts de demain, les femmes et les hommes enseignants brisés dans leur engagement au service des générations futures, des enfants et des jeunes bousculés dans leur parcours.

     

    Je vous prie donc, Madame, de reconsidérer avec attention et humanité ce projet injuste et inefficace.

    Je vous prie d’agréer, Madame la Rectrice, l’expression de mes sentiments les plus cordiaux.

     

    Marie-Christine Blandin


    [i] Maxence Van Der Meersch c’est l’écrivain dont les racines roubaisiennes rendirent éloquents ses propos sur la condition ouvrière locale. C’est aussi un lycée convoité par des générations de jeunes depuis le début des années 1950. C’est aussi un établissement  où le Conseil Régional a beaucoup investi.

     

    Télécharger ici Lettre Rectrice Van Der Meersch

  3. Décompte du service des enseignants du secondaire

    La rentrée scolaire 2011 a été l’occasion d’un zèle tout particulier de certains recteurs d’académie. En complément des suppressions de postes, le mode de calcul du service des enseignants a fait l’objet d’une révision… à la carte. L’idée était de compter les “demi-groupes” (pour des travaux pratiques par exemple) comme des classes à effectif réduit… comptant comme un moindre service pour les enseignants.
    Le manque de clarté sur les textes à appliquer  a entraîné une application inégale sur le territoire et des consignes écrites et orales contradictoires. D’où la question écrite au Ministre de l’éducation… dont la réponse ne fait qu’acter les difficultés liées aux divergences d’interprétation.

    Question n° 20890 adressée à M. le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative

    Publiée le : 17/11/2011
    Texte de la question : Mme Marie-Christine Blandin demande à M. le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative de clarifier la règle qui doit s’appliquer en matière de décompte horaire du service d’un enseignant du secondaire. En effet le décret n° 50-581 du 25 mai 1950 qui prévoyait des modulations en fonction des effectifs des classes était accompagné de circulaires d’application clarifiant les conditions d’arbitrage. Ce texte fait maintenant l’objet d’applications très variées sur le territoire, confondant parfois classes et groupes demi-divisions, et donnant lieu à des contentieux. Dans la région Nord-Pas-de-Calais par exemple, un écrit aux chefs d’établissement recommande l’application la plus stricte pour le service des personnels, tandis que des conseils oraux du cabinet de la rectrice allègent la demande! Elle souhaiterait donc qu’une circulaire ministérielle puisse guider l’établissement des ventilations des services (VS) sur tout le territoire.

    Réponse de M. le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative

    Publiée le : 19/01/2012, page 195
    Texte de la réponse : Le calcul des obligations réglementaires de service (ORS) des enseignants du second degré est encadré par le décret n° 50-581 du 25 mai 1950. L’article 4 du décret précité prévoit des minorations ou des majorations de service en fonction de l’effectif de la classe devant laquelle l’enseignant assure son enseignement. Il dispose notamment que : « Les maximums de services hebdomadaires [...] sont majorés d’une heure pour les professeurs et chargés d’enseignement qui enseignent dans une classe dont l’effectif est inférieur à vingt élèves. » Une note de service du 31 janvier 1952 précisait à ce titre que « les groupes de travaux pratiques inférieurs à vingt élèves ne doivent pas être pris en considération pour la majoration du service hebdomadaire ». Néanmoins, ce texte, comme l’ensemble des circulaires qui accompagnaient le décret de 1950, a fait l’objet d’une abrogation par la circulaire n° 2007-080 du 6 avril 2007 prise en application du décret n° 2007-187 du 12 février 2007. Malgré l’abrogation de ce décret le 31 août 2007, les circulaires explicitant l’application du décret de 1950 n’ont pas été remises en vigueur. Dès lors, on doit en revenir à une lecture directe du décret de 1950, qui en ne faisant référence qu’à la notion d’heure d’enseignement ne recouvrent, de fait, que la situation du professeur qui assure un cours devant une classe entière. L’absence de toute notion de travail en groupe dans ces textes ouvre ainsi la possibilité à des divergences d’interprétation. C’est en particulier le cas pour la question de la prise en compte des heures en groupe de moins de vingt élèves pour le calcul des majorations de service des enseignants. Conscient des difficultés pouvant résulter de ces divergences d’interprétation, et, plus globalement de l’inadaptation de textes adoptés en 1950 aux pratiques pédagogiques actuelles, le ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative envisage d’engager une réflexion sur l’évolution du métier d’enseignant et la meilleure manière de la prendre en compte dans la réglementation.