1. Respect du droit du travail sur le chantier de l’EPR à Flamanville

    En Juillet dernier, Karima Delli, Michèle Rivasi recevaient, en compagnie de Marie Christine Blandin, une délégation d’ouvriers du chantier de l’EPR à Flamanville au parlement européen. Il fut question des conditions d’emploi et de travail sur ce chantier, faisant grandement recours à la sous-traitance.

    Les députées européennes ont questionné la commission sur les violations constatées des droits des travailleurs et sur l’encadrement européen en la matière.

    Marie Christine Blandin a, quant-à-elle posé une question écrite au ministre du travail, de l’emploi et de la santé : la voici, suivie de la réponse qui y a été apportée.

    La mission parlementaire sur la sureté nucléaire et l’avenir de la filière (dans le cadre de l’OPECST élargi) doit se saisir de cette grave question !

     

    Question n° 19473 adressée à M. le ministre du travail, de l’emploi et de la santé.

    Publiée le : 14/07/2011 

    Texte de la question : Mme Marie-Christine Blandin interroge M. le ministre du travail, de l’emploi et de la santé sur l’action qu’il compte entreprendre pour que le chantier de l’EPR à Flamanville ne soit pas le lieu clos de transgression au droit du travail dans le contexte de la sous-traitance à un groupe international des missions de main d’œuvre du marché d’appel d’offres d’une grande société française de BTP (bâtiment et travaux publics). Elle souhaite connaître les mesures qui vont être prises pour que les travailleurs étrangers touchent leur dû et ne soient pas spoliés des droits de couverture sociale et d’impôts acquittés qu’ils ont acquis par les prélèvements à la source sur leur fiche de paie. Enfin elle souhaite connaître les mesures qui seront engagées pour que puisse s’exercer la liberté syndicale sur le site.

     

    Réponse de M. le ministre du travail, de l’emploi et de la santé 

    À publier le : 03/11/2011, page 2808 

    Texte de la réponse : Le ministre du travail, de l’emploi et de la santé a pris connaissance avec intérêt de la question relative à la situation des travailleurs étrangers employés sur le chantier du réacteur EPR, à Flamanville, et aux mesures prises afin d’assurer le respect de leurs droits sociaux. Le respect des dispositions du droit du travail relatives au statut et aux conditions d’emploi des travailleurs intervenant sur ce chantier font l’objet, depuis de nombreux mois, d’une attention particulière de l’ensemble des services de l’État français. Ainsi, dès janvier 2011, l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) a été saisie par le parquet pour enquête, suite aux contrôles de l’inspection du travail de l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) sur ce chantier. D’autre part, début juin 2011, une action de contrôle conjointe de l’Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (URSSAF) et de l’Inspection du travail a été diligentée dans le cadre du comité départemental de lutte contre les fraudes (CODAF). Les conditions d’emploi des travailleurs font donc l’objet de vérifications approfondies, tant sur place que sur pièces, par l’examen de nombreux documents demandés aux employeurs, donneurs d’ordres et sous-traitants intervenant sur le chantier. L’enquête, pilotée par l’OCLTI, est toujours en cours, et ses résultats, qui seront connus prochainement, permettront de prendre toutes les mesures nécessaires au respect du droit et à la préservation des droits sociaux des travailleurs intervenant sur ce chantier et, s’il y a lieu, de saisir le procureur aux fins d’engager des poursuites pénales. L’ensemble des structures et organismes compétents au niveau national et territorial restent mobilisés en ce sens.

     

  2. Sous-traitance dans le nucléaire… tout va bien (ou presque)

     

    Mardi 27 septembre : l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) ne fait pas relâche, en ce lendemain d’élections.

    Nous sommes convoqués pour faire le point sur la mise en œuvre des recommandations du premier volet de la mission « sureté nucléaire » et mettre au point le programme du deuxième volet « avenir de la filière ».

    Nous auditionnons nombreux responsables des administrations et agences françaises : direction de la sécurité civile, direction énergie climat, direction générale de la prévention des risques, direction du travail, autorité de sureté nucléaire, institut de radioprotection et de sureté nucléaire, commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, haut comité pour la transparence et l’information sur la sureté nucléaire, agence nationale de la recherche…

    Tous les acteurs commentent les préconisations… Leur opportunité n’est pas mise en doute et leur faisabilité réaliste… sauf une. Les représentants de Bercy voient d’un mauvais œil la création d’un fonds bénéficiant à renforcer l’expertise scientifique des CLI « je crois que ça ne va pas être possible » … Éloquent !

    A propos des programmes de l’Agence Nationale de la Recherche, sur le « post-crise », j’ai insisté sur la nécessité de recherche dans le temps, en particulier sur les impacts biologiques durables.

    Nous abordons la question de la sous-traitance dans le nucléaire.

    Les représentants du ministère du travail nous dressent un exposé idyllique du respect du code du travail par les entreprises de sous-traitance. Je leur demande donc des informations écrites sur l’entreprise Atlanco, sur la situation des ouvriers polonais dont les cotisations sociales prélevées ont disparu, et qui, après protestation ont été soudain rapatriés chez eux.

     

    J’ai vu blêmir mes interlocuteurs.

    Nul doute que nous sommes nombreux à attendre ces explications.

     

    Note : Atlanco est une société « sous-traitante » de Bouygues, qui travaille sur le chantier de l’EPR à Flamanville. J’avais été alertée sur les conditions indignes infligées aux travailleurs de la sous-traitance par les députées européennes Karima Delli et Michèle Rivasi (voir leur travail à ce sujet ici et ).

    Edit : après mon élection à la présidence de la commission des affaires culturelles, il est probable que je ne puisse retourner travailler à l’OPECST. Ceci dit, les sénateurs EELV devraient y être dignement représentés… à suivre !

     

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    Voir le compte-rendu de cette séance de travail sur le site du Sénat

    EDIT : question posée au gouvernement le 14 juillet 2011 : ICI